
Le chanteur Bruno Raya est de ces personnages qui font tellement partie de l’espace public qu’on a l’impression de les connaître depuis toujours. Il a trente ans. Il est sur la scène, avec son groupe Otentikk Street Brothers (OSB), depuis treize ans. C’est 17 ans que l’aventure commence. Elle ne s’est pas arrêtée depuis. De l’enfant l’adolescent fasciné par la musique des autres, il est devenu le propre instrument de sa musique. Il y fait corps et y a vendu son âme.
C’est ainsi que Bruno Raya et OSB ou encore Bruno Raya et street sound ont fini par retentir comme une même sonorité pour un noyau de ses fans. Notamment ceux qui revendiquent la culture underground. Underground entre parenthèses car le terme a perdu de son purisme. Quand un mode d’expression culturel devient un mode de vie, il acquiert une légitimité sociale qui le sort des zones d’ombre dans lesquels on pourrait le confiner. C’est un passage initiatique. C’est la découverte de la lumière de sa musique. C’est l’expérience vécue par Bruno Raya et ses amis.
Elle commence tôt cette expérience pour notre artiste. Sous le toit familial, la vibration est toujours celle de la black music. Bruno Raya et ses deux frères sont bercés par le soul, le blues, le jazz… Ils subissent aussi de près l’influence de Ras Natty Baby, de Natir… et de l’incontournable Kaya. C’est déj l’éveil au sens musical pour Bruno Raya. “J’éprouvais une grande sensation de bonheur les écouter. Assistant aux représentations, je voulais savoir ce qu’ils faisaient avant et après les concerts”, confie-t-il. Bruno Raya s’inspire ainsi d’un certain rythme, d’une certaine manière de raconter le monde et d’être dans ce monde.
Cet univers musical pose le cadre dans lequel le chanteur va évoluer. Le mysticisme, la spiritualité et le caractère engagé sont des constantes qu’il va retrouver dans le hip-hop. “Lorsque le hip-hop arrive chez nous, les Mauriciens ont surtout tendance écouter du commercial. Moi, j’ai été instantanément imprégné du hip-hop et j’écoutais des chansons qui n’étaient pas disponibles sur le marché mauricien grâce des proches établis l’étranger”, assure Bruno Raya qui dispose aujourd’hui d’une collection de disques, entre 600 700 CD, des plus grands classiques du genre.
Avec le hip-hop, Bruno Raya a trouvé sa voie. Il a, dans l’espace de quinze années, monté une troupe de danse avec des amis, OSB. (Voir hors-texte). Si, au départ, Bruno Raya découvre que le hip-hop est une “voix du peuple” et qu’il raconte des douleurs et des joies universelles, il se rend également compte qu’il va falloir éduquer les Mauriciens. “Cette musique a sa propre tragédie, son propre trajet qu’il fallait communiquer aux Mauriciens pour qu’ils l’acceptent”, explique-t-il. OSB se lance donc dans ce “travail” et Bruno Raya se dit désormais tout fier de constater qu’il y a de jeunes groupes qui émergent. Mais avant d’en arriver l , il fallait débarrasser le hip-hop de ces clichés qui freinaient son rayonnement Maurice. “Le travail a porté ses fruits lorsqu’on constate que de nouveaux groupes de hip-hop arrivent rafler le prix de disque de l’année”, ajoute-t-il.
Un souffle militant
Ces événements ne sont pas synonymes de la fin d’une aventure. Au contraire, c’est une nouvelle étape qui commence. OSB diversifie ainsi ses activités dans l’univers musical. Deux termes reviennent comme un leitmotiv : “amour et sincérité.” “Lorsqu’un combat est sincère, lorsque la musique est créée avec amour, lorsque la vibration est universelle, il ne peut y avoir de ghettoïsation d’un mode d’expression. C’est une voix qui s’exprime. C’est une aspiration qui se dit. C’est des gens qui s’entendent raconter leur quotidien. Dans nos textes, nous disons aux gens qu’ils ont droit leur liberté de penser, qu’ils peuvent prendre leur plumes pour écrire leur destinée. Nous, nous faisons la différence entre démocratie, gage de pluralité et de liberté, et ‘démoncratie’ synonyme d’esclavage et entre politique qui est service et ‘politrique’ qui est un acte de tricherie”, assure avec conviction Bruno Raya.
C’est avec une plus grande conviction qu’il affirme que “le seggae est notre musique”. “Il y a un souffle militant dans cette musique”, poursuit-il tout en ajoutant qu’il se réclame également du séga qui dégage un rythme et se dit travers des textes inédits. Parce qu’il a une conception de la culture qui ne se retrouve dans le séga carte-postale “même si c’est bien pour faire découvrir les couleurs de Mauriciens aux touristes.”
Il ne cache pas, d’un autre côté, son attachement viscéral au ragga, cette musique qui vient du ghetto avec une coloration insulaire prononcée et qui relève beaucoup plus du martèlement que du rap comme l’est, par contre, le hip-hop qui profite davantage d’une culture du béton des pays développés de l’Occident.
C’est cette musique qui se raconte comme une réaction que met en scène Bruno Raya. Et il n’arrête pas de la chanter avec désir et passion …















April 19th, 2008 at 5:08 am
yo manaman .mo mari aprecie seki to p fr pu nu ban zenne ek pu la musik lokal.
tone montre ki guetto child kapav fr kitsoz pusosiete ekfr ban zen brise la senn ki mr babylone ine met danslikou nu bann an7.
wish ki pu ena festival reggae donn sa ziska number 100000000000000000000000000000000!!!
bless man.
bonnto from keizer