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tianEn bon seggaeman qui se respecte, il affiche les couleurs, les lunettes fumées, les dreads rangées sous un bandanas. Il parle sagement, doucement, mais ne perd pas son temps.

Seggae Kontinyé, sorti la semaine dernière, est son 10e album en 15 ans de carrière, annonce-t-il fièrement. Et son troisième album seggae pour le reste de séga en compilation.

Du seggae, encore, pour prouver que cette musique n‘est pas morte. Pour continuer un courant musical orphelin.

Du seggae parce que «c‘est comme ça qu’on s’exprime ». Un même rythme pour de mêmes problèmes de société.

Là , on va un peu trop cool. Quel est le message de Tian ? Les problèmes, la vie au quotidien, la situation des femmes. Comme la grande majorité des chansons. Malheureusement rien de neuf.

Le message ne serait-il pas plutôt dans le titre, Seggae Kontinyé, en réponse à tous ceux qui croient que le seggae est mort avec Kaya ? « Non, pas vraiment», dit Tian.

Reste l’expérience d’un musicien qui vit de sa musique depuis longtemps et qui vit la musique au jour le jour.

Il y a d’un côté la vente des albums puis des concerts dans des cabarets, ou des hôtels.

Tian devrait notamment participer au Sound System d’OSB qui aura lieu le 30 avril prochain et durant lequel il présentera quelques extraits de son album. Il se produit aussi généralement au Zul Tam Tam, à Pereybère.

« C’est difficile, relativise Tian. On donne tout notre temps et ce n’est pas rentable. Il y a des hauts et des bas, bien sûr, mais comme dans tout métier. Moi j’ai choisi de vivre ma musique et d’être libre ».

Libre de quoi ? De se lever un peu tard le matin, plaisante l’enfant de Roche Bois. Tian, de son vrai nom Christian Corentin est un bon vivant.

Il se donne pour toute chose, la musique, la vie, la cuisine délicieuse de madame, les sorties en famille à la mer (accompagné d’une guitare), les matches de foot (supporter de Manchester Utd), les parties de romi (qu’il gagne).

Marié et père de trois enfants, Tian et sa famille vivent de musique. Ses deux fils participent d’ailleurs au nouvel album, dans deux morceaux. L’aîné, participe avec son groupe Blak Wes à Paradis Artificiel et le cadet pour La Vie Normale.

Il veut être libre de vivre au rythme qu’il a choisi, celui du seggae, en prenant son temps, en prenant aussi le temps de dire des choses, de raconter la vie, parler de sa Cité Roche Bois qu’il aime, «comme toute personne aime son quartier».

Libre de vivre au rythme de l’inspiration. Ce n’est pas un forcené, « je ne me dis pas que je dois faire de la musique tous les jours. J’attends l’inspiration, souvent c’est la mélodie qui vient en premier».

Il gratte sa guitare ou s’enregistre sur un dictaphone et cherche des paroles à poser dessus.

Musicalement, il dit varier le tempo, énergique ou doux, et essaye de se rapprocher de la musique du groupe UB 40 un groupe qu’il aime beaucoup pour la modernité de sa musique. «Mais c’est Bob marley que je préfère », s’excuse-t-il hâtivemen

Un album joyeux

Dans la catégorie le seggae n’est pas mort, Tian, le chanteur, s’en sort beaucoup mieux que d’autres. 15 années de carrière y sont sûrement pour quelque chose. Seggae Kontinyé est un album gentil, plein de bonne volonté, et de musique sympa, qu’on prend plaisir à écouter.

Aussi absurde que cela puisse paraître, l’album est joyeux, du genre que l’on écoute volontiers un jour de soleil. Il met de la bonne humeur.

Lorsque le rythme se fait trop répétitif, de bonnes paroles, sincèrement engagées «ena ki dimann sarite dan enn societe bien develope », prennent le relais et attirent l’attention.

De la même manière, lorsque les paroles deviennent trop faciles et prêtent plus à rire qu’à réfléchir, la musique reprend le dessus.

Seggae Kontinyé sait alterner les chansons douces, plutôt reggae, avec des seggaes plus énergiques. Des rythmes qui changent d’un titre à l’autre, des mélodies originales, l’album de Tian n’ennuit pas celui qui l’écoute, contrairement à d’autres productions locales, beaucoup plus lourdes et maladroites, musicalement. Son seggae n’est pas agressif ni commercial.

Il n’y a pas que du seggae, mais aussi du reggae, du séga. Un titre peut rappeler dans le rythme un tube de Cassiya, un autre titre respire la joie et la sérénité à la manière de Natty Jah. Tian est un peu tout ça en même temps. Il mélange ses influences pour proposer une musique qui lui est propre, où différentes sonorités gravitent autour d’un roots central. Le seggae retrouve ses racines.

Par ailleurs, le CD est bien réalisé. Un bon son, une belle pochette (avec les paroles et des photos). Des morceaux à écouter principalement, Jah Love, Lavi Normal, et Aid Nou, deux reggae, et un seggae entraînants. L’album est en vente partout à Rs 200. Achetez Original !





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