
Formés à l’école de Racin Nou Zancet et Ravann san frontier, Clarel Armelle et Alain Remillah, réunis sous le nom de Grup Kadans Tropikal, viennent de sortir un premier opus : Nuvo Désizion. Pour s’assurer l’envolée de cet album, ils s’entourent de quelques têtes d’affiches, notamment Tian Corentin, Snyper et Nitin Joganah, pour pousser plus loin leur talent. L’album est distribué par OSB Ltd.
Un album porté d’un bout à l’autre, par deux amoureux de la musique mauricienne : le séga d’ambiance et le séga typique. Le résultat : Nuvo Désizion, pour renouer avec le son 100% local. L’entreprise a abouti, malgré les différents obstacles qui se dressent sur le chemin de ceux qui veulent sortir un premier opus. «Pas facile pou prend ou enn kompt kan ou pa enn tete d’affiche,» déplore Alain Rémillah.
Mais il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur et ramer contre les vents contraires.
Clarel Armelle et Alain Rémillah y sont parvenus. Un an pour faire aboutir l’album. Le coup de pouce de Shy Lutchmun, propriétaire du studio Scorpio, leur a été salutaire. Et sur cet album le mélange des genres sort du lot. Djembé, ravanne, trompette et «congasse» se mêlent allégrement, pour sortir l’album des sentiers battus. Grup Kadans Tropikal revendique ainsi son appartenance à l’Afrique.
Sans être totalement candide ou trop revendicatif, Nuvo Désizion, sans être un album miraculeux, réserve de bons moments festifs. La langue bien pendue, Clarel Armelle fait chanter Tian Corentin, et le tour est joué. A bas l’hypocrisie, les méchancetés, les «problem moral». Mais le séga est fait pour danser. A trop vouloir faire de l’esprit, les interprètes, auteurs-compositeurs, ne râtent-ils pas le coche ? Les idées sans pathos, devraient davantage faire mouche. Mais pour des ségatiers qui veulent résolument être des porteurs de messages, Nuvo Désizion peut être cité en exemple. A quand un album festif sans messages codés ?















